IronMan de Regensburg
Retour d'Allemagne pour un nouvel Ironman (4 Ironman allemands de bouclés sur 7 participations).
Mais que dire de celui de Regensburg ?
Je dirais tout simplement GRANDIOSE.
J'avais connu en 2007 une épreuve énorme avec l'Ironman de Roth mais alors Regensburg bat tous les records. Organisation sans faille, d'une grande perfection (seulement la 2° édition), des milliers de spectateurs sur les parcours, et ce malgré la pluie continue.
Franchement, chers amis lecteurs et blogeurs triathlètes, si vous souhaitez connaître un moment fort dans votre vie d'Ironman, allez faire cette épreuve.
Retour donc sur ce week-end :
Départ collectif des 5 ardennais avec le bus du club.
Pour l'occasion, le grand Ben est venu nous saluer avec un peu de déception, car nous savons qu'il aurait bien aimé être du voyage.
Le départ est donc donné vers 8h. Tout est ok : les cartes routières, le GPS, les bouteilles d'eau et sandwiches.
Tout roule à merveille jusqu'à la pause déjeuner où la pluie se joint au voyage mêlant ralentissements et bouchons à hauteur de Nuremberg. Du coup, nous faisons une sortie de route via Roth (un raccourci nostalgique ?) pour sortir des bouchons et n'arriverons sur Regensburg qu'à 17h00.
Dommage, nous venons de rater le briefing de course en français. Pas grave, nous en profitons pour retirer les dossards avec la puce, bonnet de bain, sacs swim, bike, run et beau sac à dos.
Nous terminons ainsi la soirée à la pasta party autour de bieres et de buffets à volonté. Quelle organisation !
Nous rejoignons ensuite l'auberge de jeunesse où nous allons passer 3 petites nuits. Le constat est rapidement fait. Le séjour sera beaucoup plus reposant que le séjour dans l'auberge de jeunesse niçoise de 2010.
Toutefois, son implantation au coeur de la ville restera bruyante et perturbera mes colocataires. Moi, imperturbable, je ferai de grosses nuits, non dérangé par les passages des voitures.
Samedi.
Après un excellent petit déjeuner avec brot, kase und wurst à volonté, pour sortons les vélos pour les monter, les vérifier et allons faire une petite sortie de 15 km dans les rues du centre ville, histoire de se détendre du voyage.
Au retour, nous préparons les sacs Bike et Run qu'il va nous falloir déposer au parc T1 avec le vélo à 10 km au Sud-Est de la ville.
Les vélos sont vérifiés minutieusement par les arbitres (freins, casque...) puis pris en photo et enregistré à notre nom ainsi qu'un inventaire qualitatif de notre vélo (type de cadre, type de cintre, selle, groupe, pédales....).
Une fois cette phase obligatoire terminée, il est temps de penser à se restaurer car il se fait déjà 14h.
Une petite auberge nous comblera
....
Une fois l'équipe rassasiée et ré-hydratée, nous allons reconnaître le parcours vélo, du moins, la première partie de la boucle avec ses 25 km de côtes.
La début du parcours est vallonné mais rien d'extraodinaire. Une succession de bosses de 8 à 11 % avec 2 belles descentes où le compteur devrait dépasser les 70 km/h.
Nous terminons ainsi cet après midi en rejoignant Regensburg pour visiter le village expo.
Après quelques emplettes, nous rejoignons l'auberge pour un barbecue juste avant d'aller fermer les yeux car la journée du lendemain s'annonce longue .......
Dimanche
4h00 : réveil. Un peu dur. Cela dit, j'ai bien dormi sans le stress d'avant course. Petit dej au gatosport puis direction le lac. La pluie nous accompagne pour les 20' de marche avant le site de la compétition.
On installe les bidons, la diet, gonflons les roues et nous empressons d'enfiler la combi car la pluie est présente.
7h00. SWIM
Quelques secondes après l'hymne national, c'est le départ pour environ 2500 triathlètes venus de 55 pays différents !
Mes camarades se placent sur la ligne de départ. Quant à moi, je ferai l'erreur de me glisser au coeur du peloton parmi un groupe de nippons.
Le parcours est constitué d'une seule boucle avec une première bouée à 900 m.
Comme il fallait s'en douter, je me fait coincer dans le peloton et nage comme un crapaud le premier km. Je commencerai seulement à nager tranquillement vers le 2° km.
A ce petit jeu, je sors donc en 1h15, ce qui est loin, très loin, d'être une bonne natation pour mon niveau. La journée commence mal !
Fabien sortira juste derrière moi alors que Jean et Benoit réalisent une superbe performance en ayant pris le risque de partir à bloc, devant. Bravo, c'était ce qu'il fallait faire.
Pour ma part, je sors donc à la 1305° position (276° GA)
T1 : j'embarquerai rapidement mon sac et me changerai sur le côté d'une tente car il y a trop de monde à l'intérieur et ne veux pas perdre de temps. (4'10").
La pluie est au rendez-vous et ne cessera que 180 km plus tard ...
Heureusement, il ne fait pas froid. le mercure doit être autour des 15°C.
Je pars tranquillement sur les 10 premiers km (37 de moyenne) puis arrivent enfin les bosses.
Je monte tranquillement en tournant les jambes (25,5 km/h de moyenne pour ces 26 km). Je rattrape des paquets énormes. Les allemands sont littéralement plantés dans les côtes.
Dans les descentes, je sprinte en danseuse pour relancer et descends comme un fou. Hélas, la pluie fera tomber en panne mon compteur qui s'est bloqué à 85km/h. Ensuite, plus rien de la journée. Un peu pénible, aucun repère kilométrique, aucune allure.....
A l'attaque de la partie plate de la boucle, je découvre un parcours roulant avec souvent du vent de 3/4. J'ai du mal à rouler car je n'arrive pas à trouver mon allure. Dois-je mettre le petit plateau (36-12) ou le grand (50-14). L'absence de compteur me gênera pas mal.
A la fin du premier tour, il y a Emeline et ses encouragements. Coucou, tout va bien. Mince, un trou dans la chaussée, le vélo saute, j'évite la chute mais déraille. Mais ce n'est pas le seul souci. Malgré la pluie, je suis sec !
Pas de jus, pas de sensations, les jambes dures.
Je n'aime pas cela du tout, il me reste près de 120 km à faire et me sens cramé !
J'attaque donc la deuxième boucle avec des doutes.... mais montrai très fort par rapport à mes concurrents.
Je continuerai à appuyer sur les pédales sans me soucier de mes cuisses; en espérant me refaire une santé au fil des km mais je n'arrive pas à chasser le mauvais souvenir du Ch'triman où j'avais connu la même défaillance. Le projet de 2 IM en 6 semaines avec 1 MD aurait-il été trop ambitieux ?
J'arriverai toutefois à terminer ces 180 km de cyclisme sous la pluie en 6h00 à la 1158° place (261° GA).
RUN
Commence alors, la terrible dernière partie : le marathon !
Les premières foulées sont douloreuses. Le public est venu en masse et les premiers km se font dans le centre historique, sur les rues pavées. A ma grande surprise, les jambes sont bonnes.
Je décide alors de ralentir ma foulée, de modifier mon type de course avec une foulée rasante.
Le parcours est de toute beauté. Il y a du monde partout, les ravitos tous les 2,5 km, un parcours dans un parc. Bref, les km passent facilement et je décide de m'octroyer un peu de marche, uniquement aux ravitaillements pour m'hydrater.
A ce petit jeu, j'arrive vite à la fin de la première boucle de 10 km. Puis c'est la seconde; et psychologiquement, je suis au top, car il y a 1 mois, je marchais au 18° sans la capacité de courir. Sur cette course, je continue à courir......
A chaque tour, il y a Emeline qui cours après nous avec encouragements et photos. Bonne journée pour elle aussi !!!!
Au 25°, un coup de moins bien. Fabien me double (me dépose !). Un gel et c'est reparti, la défaillance aura été de courte, de très courte durée.
32° km. Il me reste encore 10 km. Un bref calcul mental me permet de m'apercevoir que je ne pourrai pas améliorer le chrono du mois précédent. Je peux, cependant encore être en moins de 12h30 voire 12h15 si je ne lâche rien.
41° km, c'est dans la poche, dernier virage, séparation des parcours et direction la finish line.
Benoit et Emeline sont là. Pour la première fois, je laisse exploser ma joie car c'est mon premier IM où je ne marche pas (ou peu). Les jambes sont dures, douloureuses mais comme me l'a dit mon pote Domthegrip, un dernier kil à 11 à l'heure, c'est la classe !!!!!!!
Je termine donc ce marathon en 4h50.
Au final, je termine en 12h14'37" et à la 1224 ° place (268°GA). Superbe régularité de course dans les 3 disciplines.
Je retrouve Fabien qui termine son premier IM en 11h47.
Puis ce seront Benoit (10h14) et Jean (10h58) de venir nous retrouver.
Nous terminerons cette belle journée au KFC pour un repas récupérateur.
Lundi soir, à mon retour à la maison, j'ai eu le plaisir de raconter mes exploits à mes petits supporters :
Place désormais à la récupération avant les prochains objectifs ......








